jeudi 7 juillet 2016

Étape 2 /mais ça avance

La mise à jour du blog à été difficile car il n'y avait pas trop de réseau ni de Hot spot dans les zones traversées.

Dans l'épisode précédent, j'avais décrit à partir de Martigny les différentes possibilités d'itinéraires en laissant le lecteur assidu dans un insoutenable suspens.
Vendredi, dès potron minet, c.a.d 9h, visite à l'Office de tourisme de Martigny pour prise de décision.
Route du Col du Grand Saint Bernard ouverte aux voitures😞. Comme les automobilistes ne savent pas que j'ai un cintre de 760 mm, ça va causer problème à la montée et à la descente sur ce haut lieu touristique.
Solution supprimée à l'unanimité😃.

l'Etat des cols alpins sur le tour du Mont Blanc : Nous on sait pas, il faut voir avec Chamonix. Et en plus, on vous recommande de prendre un guide diplômé, et si possible major de sa promo.

Fort de ces précieux renseignements, direction un magasin de montagne où par prudence j'achète une paire de crampons pour pouvoir traverser à 2500m de grands névés en toute sécurité avec éventuellement le vélo sur le dos.
Du poids en plus dans le sac😞.


C'est vrai que avec les crampons sur le sac et moi en vélo, je ne passe pas inaperçu.

Et hop, la décision :
Val Ferret Suisse
Col du Grand Ferret
Val Ferret italien
 Val Veni
 Col de la Seigne
 chacun de ces cols  à + de 2500m

En fait, au cas où le lecteur attentif ne l'aurait pas compris, j'avais super envie de cet itinéraire.

Direction Champex par la route et couché dans un gîte du TMB à 1500m d'altitude.
Durant la montée je passe le 2000 ème km parcouru.

Le gps n'avait jamais été aussi loin.


Quel succès ce TMB.
Au gîte la langue de travail  est l'Anglais.
Beaucoup d'Allemands, de canadiens, coréens.
Et comme le conseillent les topos, pratiquement tout le monde le fait dans le même sens (anti horaire)
Je suis néanmoins le seul cycliste.

Samedi : pas beau.
Petite étape d'une vingtaine de bornes pour aller de Champex à Ferret sur des pistes balisées spécial VTT à travers le sympathique Val Ferret Suisse
800 m de D+.

Dimanche, la météo annonce beau temps.
Pourtant, le matin épais brouillard.
Décevant s'il faut faire le Grand Col Ferret dans ces conditions, car tout est dans le plaisir des yeux.
Heureusement, le temps se dégage et c'est du grand ciel bleu avec du vent.
Il ne faut pas faire le difficile.
La montée vers le Col s'effectue d'abord sur une piste, puis ensuite sur un single à 2 voies.

Le refuge bergerie avec son décor de chaussures 

Montée en poussant. Dommage je me le serais bien descendu, tellement qu'il était exempt de pierres.
Les névés, certes nombreux côté suisse ne présentaient pas de dangers particuliers. Aussi les crampons sont restés sur le sac.
Évidemment, c'était l'heure de sortie du TMB, et j'ai donc eu droit à nombreux encouragements. Un coréen m'a pris en photo en compagnie de sa copine.
Sa copine pourra dire I did it😂.
2 filles exceptionelles, en ce sens qu'elles faisaient la TMB à l' envers de tout le monde, et donc allant dans mon sens, m'ont même proposé de me prendre quelques affaires pour alléger mon sac.
Je les ai remerciées mais je leur ai dit que j'étais fort et que j' avais même pas peur du Col.
Pas trop crédible sur ce coup là. Elles sont parties et je ne les ai  jamais rattrapées.😞
Pas mal de vent au sommet, mais quel spectacle (Triolet, Dolent ...) le tout sur fond de ciel bleu.








La descente côté italien est nettement plus raide mais avec peu de névés.
Néanmoins, si certains névés avaient été un poil plus grand et la neige un poil plus dure, les crampons n'auraient pas été un luxe car des barres rocheuses en aval n'étaient pas loin.

Malheureusement cette descente est très difficilement roulable, car en plus de la raideur, le chemin est truffé de dispositifs anti érosion ou anti avalanche : pierres en travers ou troncs
Moralité : Descente à pied presque jusqu'au refuge Elena (2100m)
Après, piste puis route dans le Val Ferret italien.
Quelle splendeur ! Les grandes Jojo, la Dent du Géant et le Mont Blanc vu de l'Italie.



Passage à Entreves à la recherche d'un hébergement.
Pas grand chose à part le restaurant chez Filipo où Desmaison finissait ses grandes courses.
Coucher à Courmayeur à l' hôtel des Edelweiss, très bon rapport qualité prix par rapport aux Suisses.
Lundi matin, tentative de réservation pour les refuges suivants.
Étant situés sur le TMB, et étant début juillet, tous affichent complet au téléphone.
Peu importe, en vélo il est toujours possible de descendre fissa fissa dans la vallée, en l'occurrence Bourg Saint Maurice en cas de pb.
Remontée du Val Veni italien sous un grand ciel bleu.
Sublime, le Mont Blanc versant italien.
L'aiguille de Peuterey, les glaciers de la Brenva, Tre la Tête, bref la totale.






Passage au refuge Élisabetta Soldini avec une solide polenta fromage pour avoir suffisamment de calories pour franchir le Col.

'
Col de la Seigne 


Col de la Seigne, mise des protections et descente fissa car je n'ai pas encore de point de chute pour la nuit.
Que du bonheur cette descente.
Pas de dispositifs anti érosion comme chez les Italiens. Et comme c'est face Sud, pratiquement pas de névés.
Une demi-heure après, je me retrouve devant le refuge des Mottets qui m'a jeté le matin par téléphone.
Je tente et la patronne, Angèle pour les intimes me dit oui, car ils gardent toujours quelques places pour des gugusses qui arrivent de nulle part.
Sympa ce refuge, mais un peu industriel.
100 personnes au repas, des dortoirs immenses.
De nombreux tours operators qui châlent d'énormes valochs des exécutants du TMB.


Mais enfin j'ai eu gîte et couverts assurés.
Mardi, descente aux Chapieux par une petite variante en single.
Remontée par la route au Cormet de Roselend, puis toujours par la route le Plan de Lai.
À partir de là, on rentre direct dans les tripes du Beaufortain.

La Pierra Menta

Le topo indique qu'il faut passer le Col du Coin à 2390m versant nord.
Au loin se profile un col, mais avec de grands névés et un couloir terminal tout en neige.
J'espère que ce n'est pas ce col là.
Le chemin tourne à gauche, puis à droite, et il faut se rendre à l'évidence que le Col du Coin, c'est bien ça.
Le topo disait que c'était un col difficile avec une montée super raide, mis à part que là, tout est en neige.
Sentant que ça allait être un peu chaud chaud, je démonte les roues, met le cadre sur le sac, et mets mes crampons pour éviter de taper du pied pour faire des marches.
Tout baigne. La progression est lente mais ça va tout en secure avec mes roues de vélo en guise de bâtons.
Tout d'un coup, en pleine pente, mon sac à dos part en vrille.
Une des bretelles est cassée.

Bretelle cassée 
(Photo prise le lendemain, car sur le moment je n'avais pas envie de rire ni de prendre des photos)

Je plante les roues dans la neige, puis le cadre, et fait 2 voyages pour ramener le tout sur une vire herbeuse.
Remontage du vélo, réparation de fortune du sac avec une courroie de cale pied, et en poussage/portage, arrivée au Col.
Par chance le côté Sud est exempt de neige. Très raide, une descente de quelques dizaines de mètres, puis ça se met à rouler, puis une piste jusqu'au refuge de la Coire, juste pour mettre les pieds sous la table pour le souper.
Un groupe de 8 personnes fait le tour du Beaufortain. Rien à voir avec l'ambiance de la veille.
Le lendemain, poursuite dans le Beaufortain et enchaînement de cols.
Col de la Grande Combe, Col des Génisses, Col du tuf Blanc pour ne nommer que les principaux et début de descente vers le refuge de Nant de Beurre avec arrêt ravioles et tarte plus petite binouze car après ce n'est que de la descente.
Suivi du tracé du bouquin.
Perfecto, des petits chemins même pas documentés, des singles, des prairies... et en plus 1600 m de D-.
Ça aide à apprécier.

C'est bon, j'ai bien le Mont Blanc dans le dos😂

Arrivée à la Lechere les bains à 450m d' altitude.
Très chaud et plein d'usines (Varbonne Savoie)
Couché à Moutiers. L'air est plus respirable.
PK : 2168 km.